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	<title>Le blog de Ségo &#187; Souvenirs,souvenirs</title>
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		<title>Roots</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Aug 2006 18:30:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sego</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs,souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Je viens de rentrer à Paris après deux semaines de vadrouillage à travers la France. Je me jette sur mon ordinateur, lis avidement le blog des copines, m'arrête un instant sur celui de <a href="http://overtherainbow08.blogspot.com/">Julie</a>. Son post du moment s'appelle "ce à quoi on aspire", et elle se/nous pose la question de ce que l'on est, de ce que l'on doit être.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je viens de rentrer à Paris après deux semaines de vadrouillage à travers la France. Je me jette sur mon ordinateur, lis avidement le blog des copines, m&#8217;arrête un instant sur celui de <a href="http://overtherainbow08.blogspot.com/">Julie</a>. Son post du moment s&#8217;appelle &laquo;&nbsp;ce à quoi on aspire&nbsp;&raquo;, et elle se/nous pose la question de ce que l&#8217;on est, de ce que l&#8217;on doit être.<br />
<span id="more-186"></span></p>
<p> C&#8217;est drôle, parce que j&#8217;y ai pensé, moi aussi, il y a deux jours. Pas tout à fait comme elle, pas vraiment sous cette forme. </p>
<p> Pour le mariage d&#8217;une amie d&#8217;enfance, j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de faire quelques petits allers/retours en Charente ces derniers temps. La Charente, c&#8217;est l&#8217;endroit où mon arrière-grand-père est né, et où, plus tard, il a fait construire une maison pour sa famille. J&#8217;y suis allée, quelquefois, lorsque j&#8217;étais enfant. </p>
<p> Mes souvenirs de là-bas, ce sont: </p>
<p>- Une balancoire, une vraie, en bois, ralliée au portique par de longues cordes, et le défi toujours renouvelé de toucher les feuilles des arbres du bout de mes orteils</p>
<p> &#8211; Mon arrière-grand-mère assise sur le banc, très tôt le matin, sur la terrasse, qui, selon les jours, écossait les petits pois ou équeutait les haricots verts</p>
<p>- L&#8217;odeur persistante de la campagne qui impregnait la moindre petite culotte laissée au fond du sac, et qui prolongait les vacances de quelques jours, avant de tout passer à la machine, parce qu&#8217;&nbsp;&raquo;on ne pouvait tout de même pas sortir comme ca&nbsp;&raquo;</p>
<p> &#8211; L&#8217;apprentissage du vélo, qui m&#8217;a valu de bonnes chutes, dont l&#8217;une mémorable dans la fameuse &laquo;&nbsp;descente des cochons&nbsp;&raquo; (route en pente, et tournante, qui faisait le tour du champ où les cochons prenaient l&#8217;air)</p>
<p> De bons souvenirs donc, mais épars, mais précis, qui, c&#8217;est ce que je croyais, n&#8217;avaient pas fondés ma personne plus profondément que cela. Un lieu de vacances auquel on est attaché parce qu&#8217;il porte en lui l&#8217;histoire familiale. </p>
<p> Mais au hasard d&#8217;une conversation, le week end dernier, en Charente, quelqu&#8217;un que je venais tout juste de rencontrer m&#8217;a dit &laquo;&nbsp;attention! Je t&#8217;ébouille moi!&nbsp;&raquo;. je l&#8217;ai regardé avec des yeux tous ronds. Je lui ai demandé de répéter.Jamais personne ne m&#8217;avait dit ça, sauf mon papa. Pour moi, c&#8217;était un mot à lui, une curiosité paternelle que je n&#8217;avais jamais chercher à élucider. &laquo;&nbsp;Je t&#8217;ébouille&nbsp;&raquo;, c&#8217;était papa, juste lui, rien que lui. Je comprenais ce que ca voulait dire sans l&#8217;avoir jamais demandé. Ca signifiait &laquo;&nbsp;fais attention ma fille&nbsp;&raquo;, quand je venais de me moquer de lui, et ça s&#8217;accompagnait en général de sa grosse main écartée sur mon petit visage. Je me suis rendue compte il y a quelques jours que &laquo;&nbsp;je t&#8217;ébouille&nbsp;&raquo;, c&#8217;était pas que papa. C&#8217;était son histoire qu&#8217;il m&#8217;a transmise sans même s&#8217;en rendre compte. Sans même que je m&#8217;en rende compte. </p>
<p> Il y a eu d&#8217;autres moments comme ça dans le week end, je n&#8217;en ferai pas la liste. Mais encore un, juste pour le plaisir. </p>
<p> Mon papa, toujours lui, a, et je ne sais pas pourquoi, une passion pour les majorettes. Tout moment festif est associé, dans sa tête, à un défilé de fillettes en jupette, et il suffit de prononcer le mot &laquo;&nbsp;fête foraine&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;défilé&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;danse&nbsp;&raquo; pour qu&#8217;il se mette à lever les jambes en annoncant: &laquo;&nbsp;Les majorettes de Beauvais sur Matha&#8230;ta ta ta ta ta talala!&nbsp;&raquo;. </p>
<p>Encore une bizarrerie paternelle qui m&#8217;a toujours fait beaucoup rire sans que je comprenne vraiment, et d&#8217;ailleurs, j&#8217;au cru juqu&#8217;à avant-hier qu&#8217;il disait &laquo;&nbsp;Beauvais sur Matin&nbsp;&raquo;. </p>
<p> Quand nous avons pris le chemin du retour, Benoit et moi, nous avons traversé les villages avant d&#8217;atteindre l&#8217;autoroute. Quelle n&#8217;a pas été ma surprise de voir sur les panneaux &laquo;&nbsp;Matha&nbsp;&raquo;, puis un peu plus loin &laquo;&nbsp;Beauvais sur Matha&nbsp;&raquo;&#8230; et voilà, c&#8217;était donc ça. Les majorettes de Beauvais sur Matha, le mythe écorché de mon enfance se trouvait là, à 5 km de la maison d&#8217;enfance de mon papa. </p>
<p> Ca m&#8217;a fait un drôle d&#8217;effet. Je me suis sentie appartenir à cet endroit que je connais si mal. En fait, c&#8217;est lui qui m&#8217;appartient un peu. Sans que je le sache vraiment. </p>
<p> Pour répondre à Julie, je ne crois pas qu&#8217;on décide ce que nous sommes. Je me fais l&#8217;echo des autres copines, mais je crois profondément que l&#8217;on est une somme: celle de nos expériences, de nos petites histoires qui, les unes à côté des autres, forment  notre personnalité. Le bonheur de la vie, c&#8217;est de la découvrir et d&#8217;apprendre à l&#8217;aimer.</p>
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		<title>&quot;J&#8217;aime pas la neige&quot;</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Aug 2006 23:27:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sego</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs,souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette affirmation, quand je me l'entends dire, quand je la lis, fait naître au coin de mes lèvres un sourire irrépressible, et me fait inmanquablement penser à ma maman!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette affirmation, quand je me l&#8217;entends dire, quand je la lis, fait naître au coin de mes lèvres un sourire irrépressible, et me fait inmanquablement penser à ma maman!<br />
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<p> Un jour, ma maman était au téléphone avec une de ses amies, je devais avoir 8 ans et ma soeur 3. Nous jouions dans le salon, écoutant d&#8217;une oreille distraite la conversation dont nous ne comprenions ni les tenants, ni les aboutissants. Des bribes de phrases, des &nbsp;&raquo; oui, bien sûr&nbsp;&raquo; que maman disait avec certitude, en hochant la tête pour appuyer ses mots. </p>
<p> J&#8217;ai des souvenirs très précis de ma maman au téléphone. Elle s&#8217;asseyait au coin du canapé vert qui a aujourd&#8217;hui trouvé sa place dans une autre pièce. Un canapé si inconfortable qu&#8217;on a toujours su qu&#8217;il était toléré dans la maison uniquement parce qu&#8217;il appartenait jadis à mon arrière grand père. Elle passait là de nombreuses minutes, à papoter avec ses copines. Nous, les filles, on trouvait n&#8217;importe quel prétexte pour roder autour du téléphone: on descendais nos caisses de jouets, et on installait tout notre fatras dans le salon, pour être aux premières loges. </p>
<p> Pauvre maman. Cela lui valait en général un débriefing complet après le coup de fil, auprès de gamines qui, à elles deux, n&#8217;atteignaient ni le mètre 70, ni les 15 ans: &laquo;&nbsp;C&#8217;était quiiiii, la dame?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Et pourquoi tu lui as dit que j&#8217;avais eu une mauvaise note?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;c&#8217;est le fils de quiiii qui a fait une grosse bêtise?&nbsp;&raquo;. Et tant d&#8217;autres questions qui faisaient partie de l&#8217;interrogatoire classique. </p>
<p>Ajourd&#8217;hui, je me dis que nous étions vraiment deux petites pestes. Que si ca avait été mes filles à moi, je les aurais sans doute enfermées à l&#8217;étage pour pouvoir téléphoner tranquille. En même temps, je me doute que maman réservait les coups de fils importants pour les jours où nous étions loin, et dans l&#8217;incapacité materielle de descendre notre barda pour jouer aux détectives en herbe. </p>
<p> Je m&#8217;égare dans mes souvenirs d&#8217;enfance. Je les aime tant. </p>
<p> Un de ces jours là, maman a dit à une de ses amies, au téléphone, que nous n&#8217;aimions pas la neige. Pour répondre par la négative, sans doute, à une invitation au ski, sans blesser personne. Evidemment, lorsqu&#8217;elle a raccroché, un double piaillement l&#8217;attendait: &laquo;&nbsp;Comment ca on aime pas la neige?, nous on aime la neige! Hein Maïlys, tu aimes la neige? Oui. Et toi Ségolène? Oui oui, moi aussi j&#8217;aime la neige. Alors on aime la neige. Et papa? Est ce qu&#8217;il aime la neige papa?&nbsp;&raquo;</p>
<p> Quand le-dit papa est rentré le soir même, deux poupées rieuses, droites comme des I, l&#8217;attendaient à la porte: &laquo;&nbsp;Dis, papa, tu aimes la neige, toi?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Maman était bien la seule à ne pas aimer la neige. Mais depuis, dès qu&#8217;il s&#8217;agit de ski, de montagne, de neige, un trio derrière maman entonne en coeur: &laquo;&nbsp;nous, on aime pas la neige de toute façon&nbsp;&raquo;, puis éclate de rire. </p>
<p> Alors quand je suis arrivée à Chamonix pour ma première semaine de vacances, et que les parents de Benoit m&#8217;ont accueillie à bras ouverts, en me proposant d&#8217;aller marcher près de la mer de glace, j&#8217;ai failli leur dire : &laquo;&nbsp;Oh vous, savez, moi de toute façon, j&#8217;aime pas la neige&nbsp;&raquo;. Je me suis ravisée. Ni maman, ni papa, ni Maïlys n&#8217;étaient là. Mais je n&#8217;ai pas pu réprimer un sourire. J&#8217;aime tant les souvenirs qui font que l&#8217;idée seule d&#8217;une randonnée devient une blague!</p>
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