C’est le temps qu’il me reste, selon mon très savant « décompte du temps », avant de voir la frimousse de mon bébé. Autant dire une éternité…
J’ai été assez silencieuse sur ma grossesse. C’est qu’ellle s’est passée à merveille. Les nausées des premiers mois n’étaient rien comparé à l’euphorie de la nouvelle. Les mois suivants ont été ponctués de grandes joies: le bonheur des gens qu’on aime lorsque nous avons partagé notre secret avec eux, le premier petit coup de pied, l’annonce que nous attendions un petit garçon, la déformation lente de ce qui était autrefois mon ventre, les heures passées à se rencontrer, nos quatre mains posées sur lui…
Je regrette parfois de ne pas avoir couché sur le papier ou sur la toile ces semaines exceptionnelles. Je ne me rappelle pas tout, et un certain nombre de moments magiques sont déjà tombés dans l’oubli. Qui se souviendra dans 20 ans,si nous ne l’avons pas écrit, que Benoit, en sortant de la première echographie, s’est écrié: « il est si beau notre bébé »!?
Mais en même temps, j’ai profité pleinement de chaque instant. Il est des choses qui ne peuvent se dire ni s’écrire, des émotions qu’on se peut pas transmettre, des sentiments trop intimes pour pouvoir les partager. Ma grossesse a été cette foule de choses, d’émotions, de sentiments.
Je suis toujours sur ce nuage de béatitude pré-maternelle, j’en fais rire plus d’un avec ça (riez, riez, je me rappelerai à votre bon souvenir quand vous y passerez!). Je peux rester des heures, couchée sur le côté, à papoter avec mon ventre. D’aucuns diront que c’est flippant. Moi je ne me prononce pas, je suis trop impliquée!
Pourtant, à 26 jours, 19 heurs 32 minutes et 2 secondes de la fin du parcours, des revendications bassement matérielles m’envahissent. J’aimerais:
- Pouvoir faire mes lacets
- Entrer dans une brasserie, et y commander un steack tartare avec un bon verre de vin rouge
- pouvoir mettre mes bagues
- retourner au resto, mais japonais cette fois, et manger une tonne de sushis
- Ne pas être obligée de trouver des toilettes, toute affaire cessantes, une bonne vingtaine de fois par jour
- Monter dans la mezzanine sans me sentir irrémadiablement difforme (idem pour m’asseoir dans le canapé, prendre un bain, monter les escaliers, et toutes ces choses anodines devenues insurmontables)
- Reretourner au resto (ben quoi? Pas forcément tout le même jour, hein!), et ne pas pouvoir terminer un énorme plateau de fruits de mer
- dormir comme je l’ai toujours fait, c’est à dire sur le ventre
- dormir tout court
- dormir tout court
- dormir tout court
Bref, il est des moments où je voudrai que 26 jours, 19 heures, 29 minutes et 56 secondes soit demain…