Qui a dit que Paris était un labyrinthe, une ville fantôme où les gens se croisent sans jamais se reconnaître?
Depuis que je suis en âge de faire ce genre d’affirmation, je clame haut et fort que je ne quitterai Paris pour rien au monde. Aux jumeaux qui me vendaient les charmes de la campagne lorsque j’étais petite fille, je répétais inlassablement que j’étais fille de pollution, et que je donnerais n’importe quoi pour un petit tour dans le métro. Eclats de rire assurés.
Surtout par la suite, quand j’ai effectivement quitté la capitale pour deux années à Aix, suivies d’un séjour en Angleterre. Il y a des choses au monde qui ne sont pas rien, et les positions de principes sont faites pour être transgressées!
Mais je n’ai jamais été infidèle à Paris. Je l’ai toujours adorée, sans jamais m’expliquer pourquoi. Maintenant que j’ai eu l’occasion de comparer, je l’aime encore plus. C’est ma patrie, et c’est un sentiment profondément ancré.
J’aime son odeur, ses toits infinis et ses boyaux souterrains. j’aime la foule et les bousculades, la grisaille qui vous suit partout, c’est toute une ambiance.
Mais en fait, ce que j’aime par dessus tout, c’est que j’y ai vécu pendant 20 ans. du coup, il m’arrive fréquemment de croiser des gens dans le métro. Cette semaine, j’ai rencontré, comme ça, trois personnes que je connais, dont une que je ne vois que deux fois par an, et qui, curieusement, m’avait laissé un message la veille.
Le temps de trois stations: Qu’est ce que tu voulais me dire, au fait? Et ton documentaire, ça avance? Je descends là. A bientot.
Et puis il suffit que je me retrouve quelque part avec des gens, pour que j’en retrouve d’autres qui n’ont rien à voir et que je ne m’attendais pas du tout à voir là: On a parlé de toi avec Sophie, justement, la semaine dernière. Elle voulait te revoir. Ca alors, moi aussi je pense à elle souvent. Ca me ferait drôlement plaisir.
Ce matin, coup de fil: On va faire une surprise à Sophie, lundi soir, ca te va?
C’est si simple, si petit Paris. C’est mon village à moi.