Comme tout parisien qui se respecte, le week end, on prend notre petite valise, on met trois t-shirts dedans, et on fuit le bruit, la pollution, le métro, le boulot, l’écrasante chaleur.
Alors le week end dernier, on a pris notre sac, la clio de maman, des gateaux pour la route et notre maillot de bain au vol, et on est partis, direction la maison des parents d’Alice, dans la Manche. Au bout de quelques heures d’autoroute, on a commencé à voir les meules de foin, à sentir la campagne. A se sentir en vacances…presque!
C’est drôle ces départs, juste pour le week end. Avec la musique à fond et le sourire aux lèvres, qui trahit le bonheur de 48 heures volées, entre deux journées de train-train quotidien. Ca rappelle ces images, maintes fois revues, des premiers congés payés, dont on profite d’autant plus que le temps est compté.
Profiter, c’est le mot d’ordre. Profiter des amis, qui sont là, avec nous. Ils sont aussi à Paris, en même temps que nous la plupart du temps. Mais Paris c’est différent. Ce week end, on se voit pour de vrai, on se voit pour longtemps. On a le temps de ne pas se parler pendant quelques minutes, de profiter du silence, les uns à côtés des autres, sans avoir l’impression de le perdre…ce fameux temps.
Profiter de tout ce qu’on a pas à Paris: la campagne, l’herbe fraiche, le calme, la mer, la plage, le soleil qui hâle le visage, pas celui qui cogne au carreau du bureau. Profiter du sommeil, des grasses matinées, des réveils à 7h du matin, juste par habitude, et du plaisir immense d’avoir l’autorisation de se rendormir.
Profiter des moments où l’on hésite entre un énième tarrot, et un jungle speed endiablé. Choisir le jungle speed, et, pour une fois dans le week end, se concentrer, vraiment, sur nos cartes. Car le jungle speed, c’est un jeu de rapidité. Il faut comparer nos cartes à celles des adversaires, et quand on découvre des cartes identiques, s’arracher un totem, qui trône au milieu de la table. Etre le premier à l’attrapper, et pousser un cri victorieux pendant que les autres, hilares, cuvent leur echec dans un dernier verre de champagne.
Décider qu’on a trop bu pour recommencer à jouer, parler, écouter le brouhaha joyeux, puis retourner se coucher. Avoir le temps de se dire, avant de s’endormir, combien on est chanceux d’être là.
Profiter de la dernière journée, qui n’est jamais que la deuxième. Faire des statistiques sur le retour, sur la meilleure heure pour se noyer dans les embouteillages. Savoir que ca va être l’horreur, et s’en moquer comme de sa première chemise. Retourner à la plage, prendre un dernier coup de soleil. Prendre la Route, enfin.
S’arrêter à Deauville, pour prolonger le week-end qu’on voudrait éternel. Chercher à manger des fruits de mer. S’apercevoir que Deauville n’est pas la capitale des fruits de mer mais continuer à chercher. Trouver un écailler, au fin fond de la ville, et commander un énorme plateau. S’arracher les bulots au départ, et caler sur les moules. Se rendre compte qu’il est déjà minuit, et qu’il faut penser à rentrer à Paris.
Reprendre la voiture, et être pris dans un embouteillage. Savoir qu’on va mettre trois heures à rentrer, et continuer de s’en moquer, car après tout, tout le monde a droit au même bonheur que nous…