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Mardi soir, j’ai fermé la porte de mon bureau à 19h15, et j’ai dévalé les escaliers de la mairie en courant. J’avais rendez vous avec Benoit pour le concert de Raphaël.
Moi, Raphaël, je connaissais pas franchement. j’avais entendu son tube sur les ondes, et je trouvais ça plutôt chouette, mais je m’étais arrêtée là. Quand, pour mes 25 ans, Elvire m’avait offert des places pour son concert du mois de juin, je m’étais dit qu’il faudrait que je me documente pour pas arriver en short le jour dit. Vous savez, quand vous allez à un concert, c’est sympa de pouvoir chanter les chansons avec le chanteur, en vrai. Et puis le dernier semestre est passé très vite, et le 27 juin est arrivé avant même que j’aie pu dire ouf!
Pour l’apprentissage par coeur des chansons, c’était loupé. Je voyais même pas à quoi il ressemblait, Raphaël…
Bref, on est arrivés au Zénith, j’ai fait le chemin en râlant parce qu’on était obligés de marcher sur des dalles…j’étais en talons, moi! Et on est entrés dans une salle blindée de minettes en furies. C’est là que j’ai compris que le Raphaël, il devait pas être moche.
Pendant la première partie (sympa, mais je ne me suis pas renseignée sur la demoiselle talentueuse qui racontait ses histoires de coeur), on a réussi à dénicher deux places assises…ouf! c’est qu’on commence à se faire vieux nous, deux heures dans la fosse, on était pas sûrs de pouvoir tenir le choc!
Dès la sortie de scène de la demoiselle, des hurlements se sont propagés dans la salle: en substance, « Raphaël, on t’aime »! Là, j’ai regardé la salle avec un large sourire. J’avais l’impression d’être retournée 15 ans en arrière, le jour où ma tante m’avait emmenée au concert de Patrick Bruel. La folie. J’ai jeté un oeil à la fois nostalgique et amusé sur ces filles surexcitées.
Au bout de 10 bonnes minutes, la star a fait son apparition. Je vous laisse imaginer le délire ambiant. Une horde d’appareils photos s’est levée, ça a flashé à tour de bras. Moi, j’avais toujours mon air nostalgique et amusé…condescendant en un mot! Genre « c’est beau la jeunesse! ».
Ouais, sauf qu’au bout de deux chansons, j’ai commencé à me dire que vraiment, c’était bien ce qu’il faisait. Au bout de trois phrases de sa bouche, je me suis rendue compte qu’il parlait drôlement bien, et qu’il avait beaucoup d’humour. A la moitié du spectacle, j’avais les yeux rivés sur lui (c’est qu »il danse comme un dieu en plus), et à la fin, j’ai applaudi aussi fort que toutes les minettes!
Ca a beaucoup fait rire Benoit, mon air d’ado idolâtre! Quand on a quitté le Zénith, à la fin du concert, on a croisé des vendeurs d’affiches, qui proposaient pour deux fois rien des posters géants de Raphaël. Benoit a lancé un « qu’est ce qu’ils inventeraient pas, quand même »…moi,pour être honnête, je me serais bien battue, pour un portrait en grand!
Depuis, tous les matins, je me réveille avec ses chansons, et je les fredonne en allant au boulot…une vraie Midinette!