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Le blog de Ségo

humeur

Pour les partiels, on bachotte, on lit des tas de choses, on survole, on emmagazine des données qui s’évaporent graduellement: une première vague au moment où on découvre le sujet (il faut alors tout oublier pour se concentrer sur LA question), une seconde au sortir du partiel… et puis il y a des choses qui restent.

J’ai beaucoup travaillé sur la guerre d’Algérie, une « guerre sans nom » qui porte bien son nom, puisque curieusement, tout ce que j’ai appris ces dernières semaines, je le lisais sans doute pour la première fois. Je savais que ca n’avait pas été une guerre comme les autres, j’avais entendu parler, vaguement, de la torture.

Ces derniers jours, j’ai compris à quel point cette guerre avait été un drame. Pour les algériens, pour les soldats français qui se sont retrouvés là sans comprendre vraiment les enjeux, pour les harkis qui ont choisi la France, une France qui les a rejetés. J’ai lu des choses qui m’ont choquée, très profondément, et notamment le fait qu’en 1982, François Mitterand, fraîchement élu, avait réhabilité les militaires responsables du putsh des généraux.

Mais il y a une page de la Gangrène et l’Oubli, un livre de Benjamin Stora, qui m’a fait froid dans le dos. J’y lisais combien le travail de mémoire sur la guerre d’Algérie était difficile, et un passage était réservé au racisme colonial réactivé par Jean Marie Le Pen au cours des trois dernières dizaines d’années. Je regrette de n’avoir pas conservé le livre, de m’en être débarassé une fois les partiels terminés. Car j’aurais voulu retranscrire ici précisement le discours de Le Pen que Stora avait choisi pour illustrer son propos.

Si je n’ai plus le discours, j’ai au moins un bout de l’annalyse de Stora, qui tourne dans ma tête depuis:

L’étranger a le choix: l’assimilation radicale, dans la limite des places disponibles, ou le départ rapide.

Ca fait une bonne heure que je suis sur le site du monde, et je lis que la loi CESEDA a été adoptée par l’Assemblée, je trouve une vidéo du zapping du monde qui montre Sarkozy s’adressant aux Béninois, qui les tutoie et qui leur dit que la France n’a pas besoin d’eux, économiquement bien sûr.

Camus, pendant la guerre, a dit « avoir mal à l’Algérie ». Moi c’est à la France que j’ai mal aujourd’hui.

1 Commentaire »

  amelie a écrit @ 20 mai 2006 à 16:27

bon, ca remonte pas le moral ce que tu dis, mais ca aide quand meme, à la curiosité déjà, eu devoir de mémoire ensuite, car il y en a un à faire sur de nombreuses périodes.
ok c bon, je me documente quand je rentre en france : j’attends ta biblio

bisous, Amélie

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