Le week end dernier, on s’est donné rendez vous, Elvire, Benoit et moi, en tête de train, sur le quai, gare de Lyon, pour aller profiter de quelques jours dans le sud. On y retrouverait Pablo et Lancelot, bien sûr!
Voyage paisible, Benoit s’est endormi, ce qui nous a permis de faire les piplettes, ma copine et moi. Elvire sortait d’un oral de concours, on était donc dans le bain de: « et alors, pour l’année prochaine, qu’est ce que tu fais?? ». Question qui fâche d’ordinaire, sauf avec quelques rares personnes, dont Elvire! On fait le point, on envisage toutes les possibilités, et on sort du train remotivées, prêtes à profiter à fond de notre week end!
Benoit s’est réveillé juste à temps pour discuter Route des Jeunes jusqu’à la fin du trajet! A la gare de Nimes, on a retrouvé Pablo, et le papa d’Elvire qui était venu nous chercher. J’aime le trajet qui va de Nimes à Uzès, l’endroit de notre week end détente! Je le connais pour l’avoir fait maintes fois depuis mes 12 ans, et ce sont de merveilleux souvenirs.
Arrivés à Uzès, La maman d’Elvire et Lancelot nous attendaient. Quelle joie pour petit bonhomme de retrouver papa et maman, et quel bonheur pour nous d’être là, avec eux!
Les trois jours se sont déroulés au rythme de Lancelot qui m’émerveille chaque jour un peu plus. C’est si bon d’être calé sur les horaires d’un tout-petit. La vie semble plus lente, plus douce. Tout est différent, on pose son regard à moins d’un mètre de hauteur, pour voir ce que Lancelot découvre: ici un lézard, là une fleur qui sent bon et dont on est bien incapable de lui dire ce que c’est, lorsqu’il nous pose l’incontournable question: « et c’est quoi ca, comme fleur?
Lancelot est un moulin à parole, le plus souvent pour poser des questions sur tout ce qui l’entoure. Et il a une mémoire d’éléphant. Mais parfois, Monsieur Lancelot a des exigences tout à fait particulières. Lors d’une ballade dans la vieille ville d’Uzès, par exemple, il a voulu une glace verte. Etrange… pistache, pomme, menthe, peu importe, il fallait du vert! QU’à cela ne tienne, on s’est installés chez le glacier, et on a commandé toutes sortes de glaces…vertes! Et c’est là que nous nous sommes aperçus que Lancelot n’avait, en fait, jamais mangé de glace. Il est donc resté perplexe devant les boules glacées, a regardé son papa très sérieusement et lui a dit: « bon, et bien maintenant, il faut attendre que ce soit moins froid »!
Ensuite, il y a eu paques, les petits oeufs déposés dans le jardin par les cloches et le petit lapin! Les premières paques de Lalo. Il était tout émerveillé, et la ribambelle d’adultes qui le suivait à la trace semblait plus émerveillée encore! Benoit et moi avions commandé aux cloches un petit panda en chocolat blanc, qui est devenu le confident de Lancelot. Pas question de le manger, bien sûr! Lancelot lui raconte tout! Nous sommes partis avant que petit panda ait définitivement fondu, j’espère que ca n’a pas fait de drame!
Bref, tout ca pour dire que lorsque Lancelot est né, je m’étais dit que tout serait différent, que les week ends entre potes prendrait une forme spéciale, qu’on rentrait dans la catégorie de ceux qui marchent à pas de loup pour ne pas réveiller bébé, et qui racontent les moindres exploits du chérubin avec des étoiles dans les yeux. Tout cela est parfaitement vrai! Mais alors que je pensais que j’aurais la nostalgie des nuits de folie où on rentre à pas d’heure, et de tout ce qui constitue la jeunesse libre de toute contrainte, y compris celle des enfants, je suis surprise à chaque fois de me rentre compte que je n’échangerais ces moments où Lancelot prends toute la place pour rien au monde.
Et il y a une aute chose sur laquelle je m’étais trompée: Je m’étais dit que nos relations, à Elvire, Pablo, Benoit et moi allaient forcément changer. On nous le dit depuis qu’on est petites filles, ca change une vie d’être maman. Et je me demandais comment tout cela allait se passer. Comment faire pour être encore sur la même longueur d’onde quand nos préoccupations diffèrent à ce point? Comment parler des mêmes choses quand l’une porte la responsabilité d’une famille alors que l’autre est encore le « bébé » de ses propres parents?
C’est peut être ça le secret d’une amitié aussi solide que celle qui me lie à Elvire. Pas un seul instant je me sens en décalage. D’une certaine manière, même, Lancelot nous rapproche. Quant à Elvire et Pablo, se sont les premiers à être motivés pour aller prendre un verre, ou pour passer la nuit à jouer aux cartes…quand leur petit homme s’est endormi!
Bref, un week end paisible, où on a à la fois profité de Lancelot et de ses parents…et où Benoit et moi n’avons pas lésiné sur les grasses mat’! (c’est l’avantage de n’avoir pas encore de bambin qui hurle de faim à 7 heures du mat’!).