Lundi après midi, telle l’oursonne terrée dans son lit depuis plus de 3 jours, j’ai sauté sur la propositon de Guillaume (très alléchante, vous noterez!): « je dois aller m’acheter des baskets et un jogging, ca te dit pas d’aller au Bullring? ». Mais si, bien sûr que si! J’en rêvais!
Alors voilà, pour la première fois depuis vendredi, j’ai mis le nez dehors!
Les courses de Guillaume ont été ultra rapides contrairement à ce que je pensais! Je me disais que ca allait être l’horreur le bullring, au moment des soldes! Et en fait, on est entrés dans le presque premier magasin qu’on a trouvé, on a foncé vers les articles à moins 70% (la folie!), et quelques 10 minutes plus tard, nous étions sortis.
Du coup, on en a profité pour répondre à un questionnaire débile sur le Bullring (l’oisiveté est mère de tous les vices parait-il!), on a marché longtemps, on aurait fait exprès de se perdre, on aurait pas fait mieux! On a donc arpenté les rues de Birmingham.
A 16h30, j’avais très faim. Je me suis habituée aux horaires à l’anglaise, moi! Alors on s’est arrêtés dans un pub. Mais voilà, les pubs à Birmingham, ils ont tous la même carte…exactement…la même carte!
Grande déception de se trainer jusqu’à Birmingham City centre (s’il vous plait!), pour manger strictement la même chose qu’à deux pas de la fac!
Alors je me suis rappelée qu’il y avait dans le coin un resto français, recommandé par notre BDE local: la Guild!
On est sortis du pub-qui-ressemblait-trop-à-celui-qu’on-connait, et on a cherché le petit resto français. Je dois dire que le sens de l’orientation de Guillaume nous a bien aidé, et on a trouvé en un temps record! Evidemment, il a fait semblant de se perdre deux ou trois fois pour éviter d’avoir à diner à 17h30! Conclusion: nous nous sommes retrouvés devant « Chez Jules », à l’heure normale pour diner, c’est à dire 19h. Guillaume était content, moi presque agonisante de faim!
Et alors là, on est entrés dans un vrai resto français cliché: nappes à carreaux rouges, bougies coincées dans des bouteilles de vin, beurre des charentes sur les tables…et affiches du Chat Noir placardées au mur! Whaouh!
Le serveur qui nous accueille nous souhaite la bienvenue dans un anglais un peu frenchy…est ce pour le folklore? Ou bien est-il vraiment français?
On en sait rien, on s’asseoit à notre table!
Une jeune fille vient nous demander si on veut quelque chose en apéritif…en anglais bien sûr! Mais pareil, toujours douteux, son petit accent!
On aimerait bien savoir quand même! Et ce serait l’offenser que de lui demander frontalement! Disons que c’est à double tranchant: si elle est anglaise et qu’elle s’est entrainée pendant des mois à prendre l’accent français, elle sera flattée. Mais si elle est française et qu’elle essaie tant bien que mal de se faire comprendre…elle va mal le prendre…et il en faut jamais risquer de blesser une serveuse avant que les plats ne soient posés sur les tables!
Avec la finesse qui me caractérise (hi!hi!hi!), je demande donc en français à Guillaume s’il veut boire quelque chose! C’est habile, non?
Réaction immédiate: soupir de soulagement accompagné de « ah, mais vous êtes français »! ». Ca fait du bien de s’entendre dire ca! Elle a l’air contente de nous voir du coup! Et puis nous, on est contents d’appartenir au folklore!
Du coup, le premier serveur se rammène, il s’invite à notre table. On discute un peu. C’est très sympa.
On a pris…du risotto!! On aurait pu faire mieux, je vous l’accorde! Mais très honnêtement, la carte n’avait rien des menus types dans les brasseries françaises. Pas de steak tartare, pas non plus de steak frites, ni de petit salé aux lentilles, ni de choucroute…enfin, ils proposaient des trucs un peu étranges, qui peuvent peut être passer pour « french cuisine » outre manche! Mais nous, on ne s’y trompe pas! C’est PAS un vrai resto français, et les nappes à carreaux n’y changent rien!
Si je vous parle de chez Jules, donc, ca n’est pas vraiment pour la gastronomie (quoique, je suis méchante, y’avait quand même des moules marinières en entrée, et le Risotto était très réussi). Non, je vous parle de chez Jules, parce que c’est un resto français comme on en fait plus! Comme on en a jamais fait d’ailleurs! Mais comme j’aimerais bien qu’on en fasse!
Il y avait une musique…mais une musique…à tomber par terre!
Quand on est arrivés, ils passaient les trucs ringards basics: Axelle Red, Julien Clerc, Lara Fabien, Pascal Obispo…classique quoi!
Mais entre les moules et le risotto, ils ont changé de CD. Et là…j’ai eu droit…je sais pas si je peux vous le dire… à Michèle Torr!
J’en ai pas cru mes oreilles! J’étais persuadée que seule ma mère avait encore le 45 tours de Emmène moi danser ce soir! Et bien non, pas du tout, Jules l’avait aussi dégoté. J’ai chanté toute la chanson…si!si!
C’était le bonheur:
Emmène moi danser ce soir
Joue contre joue et serrés dans le noir
fais moi la cour comme aux premiers instants
comme cette nuit où tu as pris mes 17 ans
Ce disque, je l’avais quand j’étais gamine. Enfin, je l’avais piqué à ma maman. Je chantais à tue-tête devant mon mirroir, avec un déo en guise de micro…j’adorais!
C’était le clou de la soirée! Enfin, c’est ce que je croyais…mais ensuite est arrivé…Richard Clayderman! Incroyable mais vrai. Je pensais pas qu’on pouvais faire aussi bien!
Comme on dit ici, chez Jules, « They killed two birds in one shot »
On reviendra! Ca fait deux jours, et j’ai encore la chanson dans la tête…Emmène moi danser.…