Je deteste les chaussures. Contrairement à Céline qui se dirige façon radar vers tous les magasins qui se targuent de vendre des bottes, je hais les chaussures. Ca va jamais. Trop grandes, trop petites, trop étroites, trop serrées, trop de talon, pas assez…c’est l’enfer. En revanche, j’aime les gants.
la semaine dernière, avec Céline, nous avons décidé d’aller au Bullring pour faire nos courses de noël. On a passé une après midi géniale, on a fait TOUS les magazins du centre commercial, on y a passé des heures. Bon, on a quand même fait une très longue pause au milieu. On se rend pas compte, mais ça deshydrate de faire les courses! On pouvait même plus parler (c’est dire!), quand on est entrées dans le café. On s’est avalé 2 coca lights chacune en un temps record!
Céline a été remarquablement productive, elle a acheté des tas de trucs!

Moi j’ai brillé par mon manque d’imagination…il y a au bull ring un nombre de magasins hallucinants…et je n’ai pas réussi à dégoter plus de trois cadeaux…
Mais « charité bien ordonnée commence par soi même »…et j’en ai déduit qu’il fallait que je commence par me faire un cadeau à moi! Alors, je me suis offert un super ensemble écharpe/gants. Mais ce sont des gants spéciaux, des gants-mouffles!
Démonstration:
Vous sortez dans le froid glacial de Birmingham, vous avez 40 minutes de marche avant de fouler le sol de votre université, voilà la version mouffle:
C’est là que vous avez très envie d’un petit gateau dans votre poche, ou que vous voulez regarder votre empoi du temps. Mieux, vous croisez quelqu’un sur votre chemin et vous avez l’air ridicule avec vos mouffles, pas de problème, vous sortez illico la version mitaines!

J’étais très satisfaite de mon combiné mouffles/mitaines et je l’arborais fièrement depuis mon achat compulsif au bullring.
Mais hier, en sortant de la bibliothèque à 22h30, je me suis rendue compte que l’un de mes gants s’était échappé de mon sac. Ô Rage, Ô desespoir, je l’ai cherché pendant longtemps. J’ai arpenté le parc, refait les couloirs, exploré tous les recoins de la bibliothèque…pas de gant!
J’ai donc décidé de conserver comme une relique la mouffle/mitaine restante, et suis rentrée chez moi abattue comme un lièvre qui rencontre un chasseur. Ce matin, je suis retournée à la fac. Et l’idée de ce gant perdu quelque part dans l’immensité du campus me brisait le coeur. J’ai donc décidé de recommencer mes investigations, et j’ai reparcouru mon trajet de la veille. Puis m’est venue l’idée lumineuse d’aller demander à l’accueil de la bibliothèque si, à tout hazard, ils n’avaient pas reccueilli mon gant abandonné. La jeune fille a regardé dans un tiroir, a farfouillé, puis a levé des yeux désolés en me disant qu’il n’y avait rien.
Je suis allée déjeuner, l’estomac noué. Puis je suis repassée à la bibliothèque pour self-rendre des bouquins. C’est alors que la jeune fille m’a attrapée du regard: I got your glove! Comment est-ce possible?
Cette jeune fille voit des milliers d’étudiants chaque jour, des dizaines de gants perdus. Mais dans le virage d’un couloir, elle a réussi à faire le lien entre mon gant et moi… Je suis extrêmement reconnaissante à cette jeune personne, et à l’Angleterre en général, d’être si attentives, si passionnément au service de leur travail et des gens qui ont besoin d’eux!
Vive Elle! Vive l’Angleterre! Et vive mon gant!