Je ne sais pas si c’est le début des seminars, ou plus simplement le fait que mes 3 colocs ont été malades tour à tour pendant la semaine…mais le week end est arrivé avec, dans sa valise, un petit virus à mon intention!
Je m’étais frotté les mains toute la semaine de voir que mes colocs crachaient leurs poumons et trainaient derrière eux une quantité non négligeable de mouchoirs, sans que leurs english germs aient réussi à m’atteindre!! C’était même devenu une petite blague: « même les virus anglais n’aiment pas les français…Ah!ah!ah! »
Oui mais voilà, les english germs ne sont pas si francophobes, et le vendredi, j’ai commencé à sentir quelques courbatures. Le samedi, mon nez s’est mis à couler et ma gorge à piquer…j’ai bu du lait chaud, sans effet. Et je suis restée à la maison, à papoter sur msn, un peu dans les vappes!
C’est le samedi soir que la java a commencé! Mes bronches, ma gorge, ma trachée, mon larynx…tout ca s’est rappelé à mon bon souvenir! C’est fou comme, quand tout va bien, on oublie ces parties essentielles de notre corps (comme toutes les autres d’ailleurs!), qui, quand elles décident de s’irriter, nous gâchent carrément la vie!
Debout, vous avez mal à la tête, vous avez besoin de déglutir 1000 fois par minute (curieuse réaction d’ailleurs, c’est juste quand le simple fait de déglutir fait le même effet qu’une lame de couteau dans la gorge que vous ne pouvez pas vous empêcher d’avaler…).
Couchée…vous avez moins mal à la tête…enfin c’est ce que vous croyez. Alors, pleine de bon sens, vous vous mettez au lit! Erreur! Ne jamais se coucher avec les bronches encombrées…on risque de tout coincer et de plus pouvoir respirer…du tout! J’ai donc passé la nuit assise dans mon lit, à me faire réveiller à peine endormie par des quintes de toux assez impressionnantes!
Enfin, assez impressionnantes quand on est loin de chez soi, quand on a pas Benoit à côté pour nous apporter une cuiller de sirop. D’abord, Benoit est à 1000 km de là, ensuite vous n’avez tout simplement pas de sirop. Et l’idée qu’il va falloir marcher 30 minutes le lendemain pour aller en acheter n’est pas réparateur plus que ça!
En France, j’aurais eu Benoit, et si Benoit n’avait pas été là, j’aurais pris mon téléphone pour appeler un médecin…mais là? Le seul médecin que je peux consulter se trouve à une heure à pied de la maison…et puis j’avais pas de sirop, même pas de miel…non vraiment, on se sent impuissant, ridicule avec notre petit virus qui prend tout à coup une ampleur faramineuse!
Sur ce, j’ai décidé d’être vaillante, de me mettre dans mon lit avec un bol de lait chaud (sans miel) et d’attendre que ca se passe! Et puis j’ai eu Benoit au téléphone. J’aurais voulu qu’il soit fier de moi, qu’il se rende compte que j’avais décidé d’être optimiste malgré les difficultés!!
Au lieu de cela, suite à un malentendu, on a fini par se disputer:
B: Tu pleures là?
S: Non, pas du tout (en reniflant, bien sur, avec une voix chevrottante qui était, je le précise, aussi dû à mà maladie!)
B: Tu vas quand même pas chialer pour une grippe?
S: Non, c’est pas pour ca que je pleure
B: alors tu pleure
S: …
B: Mais c’est pas grave Ségolène (très fort et enervé), on en meurt pas de la grippe
S: Non mais je pleure parce que t’as pas été sympa avec moi, et tu sais bien que je pleure pour rien, donc c’est pas la peine de t’énerver
…Je passe, explication du malentendu…
B: J’hallucine, y’a trois jours tout allait bien, et maintenant tu pleures pour une grippe
S: Mais je pleure PAS pour la grippe, et d’aileurs, j’ai pas la grippe, j’ai une bronchite…
Lorsque j’étais petite fille, être malade avait quelque chose d’un peu magique malgré (ou peut être grace à!) la fièvre. On est choyée, sous la couette, bien au chaud, on s’occupe de nous, on nous apporte de la lecture, des médicaments, du lait chaud, on a même le droit de regarder la télé alors que les autres sont à l’école.
…et bien je vous le dit, être malade à 24 ans, en Angleterre, avec personne pour s’occuper de soi, pas de médicaments, et au bout d’un moment, même plus de lait chaud, un week end en plus…c’est pas une sinécure!
Voilà strictement ce que j’ai pensé en montant les marches de l’escalier après avoir raccroché avec Benoit…
Alors je me suis mise dans mon lit, bien au chaud sous la couette, j’ai pris le Bill Bryson de Gabrielle et Sarah que j’ai lu en entier…j’étais pas si mal que ca, finalement!!