Je n’ai jamais été une professionnelle des jeux de stratégie…le simple fait de ranger ma chambre lorsque j’étais petite frisait le summum de la désorganisation! Mais j’ai à la maison deux stratèges nés. Pas en ce qui concerne le rangement de la maison aparamment! Mais pour tout le reste et surtout surtout…les jeux!
Ainsi, si j’ai pu sans trop de problème éviter les jeux vidéos reconstituant je ne sais quelle bataille (d’ailleurs à ce propos, j’ai toujours l’impression en les regardant jouer qu’il faut envahir la Gaule…d’où qu’on vienne, où qu’on aille…je ne suis pas chauvine, mais c’est assez desobligeant!), j’aurais été bannie de la maison si je n’avais pas au moins essayé de jouer…aux echecs! Je les avais prévenus, pourtant, que mon arrère grand mère en son temps avait presque abdiqué en voyant comment je me dépatouillais avec un jeu de dames…alors les echecs, vous pensez!
D’abord j’ai dû apprendre les pions, où on les mettait, combien il vallaient, comment ils se mouvaient. Car ils ont chacun leurs droits: les uns vont en diagonale, d’autre en L, d’autres encore tout droit…Certains ont le droit d’avancer d’une case, d’autres autant qu’ils veulent…
Et tenez vous bien, il y en a qui ont le droit d’avancer de deux cases au début du jeu, et puis après, ils sont cantonnés à une…
Alors voilà, j’ai inscrit tout ca très consciencieusement sur un petit papier. Et j’ai fait ma première partie d’échecs avec Nick. Nick est toujours plein de bonnes intentions à mon égard, si bien que je n’ai pas été vexée une seule des 25 fois où il a hoché la tête: « No, you won’t do that, it’s a silly move ». Je me vexe pas, je reprends mon pion (j’ai le droit, c’est ma première partie) et je le replace dans sa case d’origine. Il faut changer de stratégie…mais l’adversaire-professeur a-t-il réalisé que vous n’aviez tout simplement pas de stratégie?
Bon, je comprends pas de toute façon, pour éviter de passer pour une abrutie finie, je déplace un autre pion (si c’est pas du changement de tactique ca!), et c’est là que, toujours en hochant la tête, Nick me prend un Knight (un pion qui vaut cher). Il a l’air un peu désolé, je dois l’admettre, mais c’est pire. Je vois bien ce qui lui passe par la tête: « bon, je lui ai laissé une chance, mais elle ne l’a pas saisie…je ne peux quand même pas la laisser gagner, il faut bien qu’elle apprenne! ».
Mais le pire dans tout ca, c’est qu’en plus d’être humiliée, je n’apprends rien du tout…je ne comprends pas comment j’aurais pu faire pour ne pas me faire piquer mon knight…mais si je demandais, aurais-je la force de passer pour une débile trois fois dans la même minute??? Je ne suis pas sure, alors je continue à jouer, comme si de rien était!
Je ne brise pas un suspens insoutenable si je vous dit que Nick a gagné cette partie! Et moi, j’ai filé dans ma chambre,croyant être débarassée des echecs à jamais!
C’est alors que le lendemain, j’étais seule à la maison avec Joel. Nous regardions la télévision, avachis sur nos morceaux de canapé respectifs (oui, nous avons chacun notre place dans le salon, Joel a un bout du canapé, moi l’autre!), lorsqu’il m’a lancé tel un défi: « une petite partie d’echecs? »…mmmmmoui! Bien sur. J’ai eu un court moment de soulagement quand j’ai cru que nous ne le retrouverions pas, que Nick l’avait monté dans sa chambre…mais non! On a fini par mettre la main dessus!
Et voilà, deuxième partie d’échecs, deuxième humiliation. »Ce qu’il faut, me dit Joel, c’est réfléchir deux ou trois coups à l’avance à ce que va faire ton adversaire ». Si seulement je pouvais arriver à savoir ce qu’il va faire au tour d’après, ce serait pas si mal…!
J’ai perdu lamentablement, et il a voulu qu’on remette ca, le fourbe!
Mais je dois dire qu’après ces premières parties, j’ai commencé à comprendre dans quel sens allaient les pions! J’ai même compris ce que je devais faire pour ne pas me les faire manger, et je crois pouvoir dire que je sais à peu près, quand ce n’est pas trop compliqué, ce que mon adversaire pourrait éventuellement faire au prochain coup! Et même, j’ai commencé à aimer ça!
Bref, vous n’en croirez peut être pas vos oreilles, mais maintenant, c’est moi qui demande: « Alors, une petite partie d’échecs?! » Je ne gagne toujours pas, mais un jour, sans qu’ils s’en doutent, je leur prendrai leur roi et je leur dirai: « Ce qu’il faut, c’est réfléchir deux ou trois coups à l’avance à ce que va faire ton adversaire!! »
En tout cas, merci les gars pour ces bons moments!