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Le blog de Ségo

episode chronopost

Voilà, on est le 23 mai, j’ai rempli mon dossier, il est signé par monsieur V, il faut maintenant qu’il arrive avant le 31 mai à Birmingham…no problem!

J’arrive à la poste, confiante. Dans la file d’attente, je relis mon dossier, encore et encore, à l’affut de la moindre faute que je saurais corriger (grosse erreur, ne jamais faire ça dans la file d’attente à la poste, on finit par gribouiller, faire des ratures, et se dire que ce qu’on a fait c’est nul!). Ah, c’est à mon tour. Je demande à la gentille guichetière quelle est la solution la plus sure pour envoyer un dossier très important en Angleterre. Elle me propose le chronopost, me le vend bien, me dit que c’est la seule garantie pour qu’il arrive dans les délais. Bien que je ne veuille pas de délais particulier (la deadline est dans 8 jours) mais quelque chose de sûr, j’achète son chronopost pour la modique somme de 36 euros, et je remplis les cases, comme elle me l’indique: adresse expéditeur, adresse destinataire, et elle me dit de mettre mon numéro de téléphone. J’execute!
Je sors de la poste comme affranchie d’une lourde mission. Le dossier est envoyé, je n’ai plus qu’à attendre la réponse de l’université.

Le vendredi, on est alors le 27 mai, je rentre à 11h de ma séance de sport (si! si!) avec Amélie. Je me prépare à une après midi de révisions avec Julie qui doit arriver pour le déjeuner. Je prends mon courrier, il n’y a qu’un avis de passage pour…un chronopost!
« Tiens! Me dis-je naïvement. Mais qui a donc bien pu m’envoyer un chronopost? C’est fou, il y a une semaine, je n’en avais jamais vu de ma vie, et voilà qu’en un temps record, j’en envoie un et j’en reçois un!
Ma naïveté ayant des limites, je fais le lien dans l’ascenseur, et je commence à songer à l’horrible possibilité que ce chronopost ne soit pas autre chose que celui que j’ai envoyé il y a 5 jours…

Arrivée à la maison, je cours chercher la facture du chronopost que j’ai envoyé, je compare les numéros et, ô stupeur, ils sont identiques…c’est mon dossier pour Birmingham qui m’attend à la poste du Jas de Bouffan…
Je suis desespérée…j’appelle le service chronopost pour tenter de comprendre…et on me répond que mon courrier est revenu parce que je n’ai pas indiqué le numéro de téléphone de Birmingham….MAIS PERSONNE NE M’AVAIT DIT DE LE FAIRE, et surtout pas la postière qui m’avait si bien vendu son produit. La voix pimpante de la commerciale que j’ai au bout du fil m’exaspère…elle claironne qu’il faut que je repaye 36 euros, que je renvoie mon courrier, qu’il n’arrivera pas à temps, bien sûr, mais qu’il arrivera plus vite que si je ne l’envoie pas du tout (bon sens, quand tu nous tient!) tout ça avec la « voix souriante » de rigueur dans toutes les boites de ce genre…mais elle ne semble pas comprendre que c’est une année universitaire entière qui est en jeu.

J’enfile mes baskets, je suis toujours en jogging, je plante Julie là avec son chagrin d’amour et son mémoire à rendre 15 jours après et je cours à la Poste du Jas de Bouffan (loin, très loin…) pour réccupérer mon chronopost en mal de destinataire. J’arrive en nage, je fais la queue, longtemps, trop longtemps me semble-t-il. Enfin, le guichetier m’appelle: Au suivant! Je me pointe devant lui, droite comme un I, les dents serrées. Je jette dedaigneusement ma carte d’identité sur le comptoir: « je viens chercher un chronopost ». Il a l’air si gentil…je lui explique le tout, les larmes aux yeux…il s’insurge avec moi, photocopie mon dossier pour que je puisse l’envoyer par fax si jamais…et écrit à chronopost mon indignation et la sienne…puis il me redonne un colis (enfin, il me le revend, mais il ne peut pas faire autrement, c’est la dure loi du chronopost!), et je transvase mon precieux dossier d’un chronopost à un autre, c’est bon, mon dossier pour Birmingham va traverser la france et la manche et l’Angleterre sans problème, maintenant que j’ai vérifié 12 fois que je n’ai rien oublié. Ca n’est pas sûr qu’il arrive à temps… je voulais me fâcher, mais la gentillesse du guichetier a gagné, avant de partir, je lui dit quand même: « je sais bien que c’est pas de votre faute mais bon… ». Alors il lève son doigt comme si une idée de génie l’avait traversé, il me montre le colis, le tamponne devant moi: « voilà, comme ça il partira plus vite ». Je pars, pleine de reconnaissance malgré tout, laissant derrière moi une queue qui n’en finit plus et des dizaines d’yeux enervés qui me regardent pousser la porte de sortie en soupirant…

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